Lettre d’info du printemps 2026 du CAN-OUEST
(Par Véronique Marchandier et Jean-Luc Fossard)
Ce printemps il y a plusieurs anniversaires à souhaiter ! Les 15 ans de Fukushima et les 40 ans de Tchernobyl.
Sébastien Lecornu, 1er Ministre, a confirmé la construction de 6 nouveaux E.P.R par décret. Sébastien Lecornu est né quelques semaines après la catastrophe de Tchernobyl du 26 avril 1986. Sans le sacrifice de milliers de liquidateurs qui se sont jetés dans la fournaise radioactive pour éviter que l’incendie ne se propage vers le cœur des autres réacteurs de la centrale, on ne sait qui aurait survécu en Europe.
Tchernobyl, 40 ans plus tard nous fait vivre en sursis. Le 14 février 2025 un drone russe a touché la centrale Ukrainienne et provoqué un incendie. Les pompiers ont dû percer l’arche qui devait contenir la radioactivité du cœur fondu, pour laisser passer les lances à incendies. Le drone serait tombé 15 m plus à gauche toute l’Europe aurait été impactée. Des soldats Ukrainiens sont en permanence sur le site pour le surveiller et le défendre en plus des travailleurs. S’il y avait une coupure de courant de plus de 8 heures ce serait une nouvelle catastrophe. Pour Rafaël Grossi, directeur de l’AIEA, tout va bien, mais il faut réparer le sarcophage au plus vite même si ce sont des travaux considérables et coûteux. Quand on lui demande de chiffrer sur une échelle de 0 à 10 le danger, il répond : » Ca peut être 0 et demain 10, donc il faut la paix, le droit de la guerre interdit les attaques de centrales nucléaires et d’usines chimiques » Nous voilà prévenus !
Fukushima, il y a 15 ans le 11 mars une explosion détruisait la centrale nucléaire. Le corium est toujours présent et doit être refroidi en permanence. L’eau radioactive est rejetée en mer. Les terrains sont toujours contaminés et le gouvernement encourage le retour de la population à venir vivre en zone contaminée.
La Hague, la construction d’une nouvelle usine de retraitement est prévue pour 2040 après la construction de trois nouvelles piscines d’entreposage de déchets nucléaires à refroidir. Or la construction d’une nouvelle usine de retraitement( qui ne retraite rien mais sépare seulement les radioéléments sans en diminuer la nocivité ) ne se justifie pas avec les projets (hasardeux) de la construction de quelques E.P.R. Sans le retraitement c’est tout le mythe du recyclage des déchets avec le MOX,qui s’écroule. Pour justifier le fonctionnement de cette usine ne va-t-on pas importer des déchets nucléaires étrangers ? La France aimerait convertir d’autres pays Européens à la dé carbonation grâce à la folie nucléaire.
Bure, encore une consultation publique pour accélérer le cauchemar de l’enfouissement qui devait commencer en automne aura lieu à partir du 18 mai pour un mois seulement. Pourtant le rapport de l’organisme indépendant de l’IEER pointe de nombreuses incertitudes sur la sécurité. Mais à Bure c’est la même chanson que pour Stocamine : « sécurité », « réversibilité », « étanchéité », « solidité et 10 000 ans minimum de tranquillité ». Quelques années plus tard, Stocamine s’affaisse , prend l’eau, s’auto enflamme, on ne récupère rien on prévoit des bouchons de ciment et on croise les doigts pour que la nappe phréatique qui alimentent 6 millions d’habitants ne se mélange à l’arsenic, au mercure et autres déchets chimiques enfouis.
https://www.arte.tv/fr/videos/123952-000-A/dechets-toxiques-une-bombe-sous-nos-pieds/
Le financement : 850 000 logements considérés comme des passoires thermiques vont être remis à la location, à condition qu’ils aient un chauffage électrique. Si vous habitez une passoire thermique chauffée à l’électricité versez directement vos économies à EDF. Si vos économies sont sur un livret A, le LDD ou LEP, videz vos comptes qui vont servir à financer le nucléaire. Coût de la poursuite nucléaire (si tout va bien) : un minimum de 460 milliards selon la cour des comptes. Le « conseil politique nucléaire » composé de 14 personnes peut toujours rêver, ce n’est pas gagné !
Le CLIS de Bure ayant commandité à l’IEER (Etats-Unis) une étude sur le dossier DAC, celui-ci vient d’être rendu public :
Penly, grâce à la loi d’accélération du nucléaire, les travaux du massacre de la falaise se poursuivent, véritable verrue dans le trait de la côte d’Albâtre. Une fièvre immobilière s’est emparée de la municipalité de Dieppe pour pouvoir loger toute la fourmilière du chantier EPR2.
Les élus locaux s’enferrent dans un mal développement alors qu’une récente étude économique en Angleterre vient de montrer que les logements situés à moins de 20 km des centrales ont perdu en moyenne 4,2 % de leur valeur à la suite de la catastrophe de Fukushima et connu une forte recomposition sociale. Les anti-éoliens de la région dieppoise vont redevoir faire leurs comptes…eux qui vociféraient que les projets d’éoliennes terrestres dans le pays de Caux Maritimes allait dévaloriser leurs pavillons. Une fois les réacteurs construits, il se pourrait que cette fièvre immobilière retombe aussi vite qu’elle est apparue et même que l’immobilier du territoire soit touché d’hypothermie…
Agenda :
- 19/04/2026, Bure Gare de Luneville ou Maison de Bure rassemblement contre l’expulsion
- 25/04/2026, Campagne panneaux zone d’évacuation à l’entrée des villes / Anniversaire de Tchernobyl
- 8 mai, St Nazaire Collectif SDN Nantes et Loire, Guerre à la Guerre
- 21 mai, Stop Piscine La Hague Aval du futur par Stop Nuke 56
- 23 mai, 40 ans de la CRIIRAD vers Valence
- Début juillet vers Fromental (87) WE études Arrêt du nucléaire (ADN)
- 14-17/08/2026, Burelesques
- 23 août, rando’13 Plogoff mémoire d’une lutte et festival Plug Off 3 avec collectif AUTONOMIA
